Délégationde Drôme - Ardèche

Zoom sur l’accès digne à l’alimentation et le lien social dans la vallée de l’Eyrieux

Sophie, en stage au Secours Catholique de Drôme-Ardèche décrit son travail d’enquête et d’analyse auprès des « acteurs » de la vallée de l’Eyrieux sur l’accès digne à l’alimentation et le lien social. Elle parle de cette expérience.

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publié en mai 2020

En quelques mots, Sophie, peux-tu situer l’objet de ton stage ?

Il s’agit d’un stage sur l’accès digne à l’alimentation et le lien social dans la vallée de l’Eyrieux. J’ai commencé celui-ci début janvier 2020 pour une durée de six mois.

Quelle était auparavant ton activité ?

J’étais assistante sociale, puis j’ai repris en 2018 une formation d’ingénierie en développement local en 2018 au Centre international d’études pour le développement local (de la faculté catholique de Lyon). J’ai également fait un premier stage à Toit d’Union, une association dans le domaine de l’habitat participatif.

Concrètement, sur quoi travailles-tu dans la vallée de l’Eyrieux ?

Le Secours Catholique et Eyrieux Solidarité travaillent ensemble sur cette thématique de l’alimentation digne. Concrètement, mon stage consiste à accompagner cette dynamique. Dans un premier temps, de janvier jusqu’au début du confinement, nous étions en plein dans la phase de diagnostic participatif qui dresse un état des lieux des forces et des éventuels besoins, fait avec la diversité des acteurs du territoire. Nous sommes allés à la rencontre des élus, des maires, des représentants des centres communaux d’action sociale (CCAS), des association locales (Trimaran, Terre et Projets), des travailleurs sociaux, des acteurs du secteur économique (Terra adélice, magasins de producteurs locaux, épiceries) ou encore des habitants. Pour ces derniers, nous avons tenu un stand sur le marché à Saint-Sauveur-de Montagut avec la question : qu’est-ce que le « bien-manger » pour vous sur votre commune ? Ce qui nous a permis de faire connaître notre démarche et de discuter avec les personnes sur ces sujets. Enfin, nous sommes allés rencontrer les trois Restos du cœur du territoire pour mieux comprendre le fonctionnement de l’aide alimentaire. La phase de diagnostic aurait pu perdurer, mais nous avions collecté suffisamment de données pour pouvoir, durant le confinement, analyser nos recueils d’informations et écrire notre rapport, rapport qui est un support pour la suite.

Et ensuite, que vas-tu faire de tout cela ?

Le deuxième temps est celui de la restitution. À partir des échanges que nous avons eus avec les divers interlocuteurs, nous revenons vers chacun d’eux impliqués dans la démarche et leur restituons ce qui ressort de marquant sur nos thématiques d’accès digne à l’alimentation et de lien social. À cette étape, nous souhaitons aussi constituer un groupe de personnes qui voudraient aller plus loin et poursuivre ce travail de mobilisation. Il y a déjà des personnes qui nous aident dans notre démarche.

Cette étape qui aurait dû être réalisée pendant le confinement a dû être décalée. La restitution est vraiment un moment incontournable. Les participants ont mobilisé du temps et de l’énergie, et ce sont eux qui vont décider de la suite à donner dans leur territoire. Mon stage se termine début juillet. L’objectif est donc d’ici là, de vivre ce temps de restitution et de pouvoir en dégager des pistes concrètes d’actions pour la suite, tout ça avec notre comité de pilotage, qui reste le garant du cap !

Ensuite, le troisième temps sera de choisir des actions concrètes ensemble et de les rendre opérationnelles : Qui porte ? Dans quel lieu ? etc. Ce chemin que nous avons emprunté a besoin de temps, il y a des réajustements à faire en cours de route… pour rester dans le" faire avec" et non dans le « faire pour ».

D’après toi, à quoi pourrait aboutir cette démarche ?

Là, se situe tout l’intérêt de la démarche, on ne sait pas à quoi va aboutir le projet puisque qu’il est co construit avec les acteurs du territoire !

On a tout de même des idées, car elles foisonnent déjà depuis un certain moment dans la vallée, par exemple un projet d’épicerie solidaire itinérante ou encore de création d’un espace de vie sociale. L’enjeu, aujourd’hui, est de mobiliser davantage les habitants et les personnes qui vivent des situations de précarité pour permettre la mise en place d’un projet le plus adapté au territoire et bien sûr, aux envies et besoins des habitants qui y résident.

Quels conseils donnes-tu à ceux et celles qui désirent se lancer de ce type de démarche ?

Je conseille de constituer un petit groupe de départ mixte, de quatre à cinq personnes, de personnes de différentes structures. Cette mixité favorise les échanges et une perception plus large du territoire.

Aussi, avoir une thématique de travail suffisamment large, qui reste ajustable peut aider. Enfin, le défi à mon sens est d’élargir sa vision en pensant à tous ceux à qui on ne pense pas forcément d’entrée de jeu, par exemple (pour ce qui me concerne) je pense aux acteurs de l’économie… et qui sont concernés par la démarche et peuvent la rejoindre en y amenant leur expertise.

Le tout saupoudré de motivation !

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