J’ai eu le privilège, avec neuf autres bénévoles du Secours Catholique, de m’embarquer dans cette mission qui a eu lieu du 12 au 23 décembre dernier.
Sur place, nous avons été reçus par le secrétaire général de la Caritas Togo ou OCDI (Organisation de la charité pour un développement intégral). Celui-ci nous a permis d’approcher tous les projets retenus par le Secours Catholique.
Voici quelques exemples de projets que nous avons visités :
L’hôpital pédiatrique de Dapaong
Cet hôpital a une capacité d’accueil de 80 lits et reçoit en période d’épidémies 200 à 250 enfants dans des conditions plus que sommaires. Pendant ces périodes, les enfants malades se retrouvent à deux ou trois par lits.
L’association « Vivre dans l’Espérance »
Cette association regroupe des bénévoles qui sont des relais dans tous les quartiers de la ville. Ils sont chargés de repérer les personnes malades et plus particulièrement celles atteintes du sida. Ces bénévoles offrent des aides ponctuelles et un soutien psychologique.
Cette association permet également aux enfants atteints par le virus du sida de venir prendre un repas complet chaque jour, à midi, ce qui leur donne la possibilité de résister un peu plus longtemps aux assauts de la maladie. Là-bas, l’alimentation n’est pas diversifiée du tout, d’où la malnutrition qui sévit dans la région.
L’association permet enfin à des adultes plus gravement atteints de se réunir une fois par semaine pour un soutien psychologique.
Les médicaments antirétroviraux pour lutter contre le sida viennent de passer de 5 000 FCFA (soit 50 F ou 7 € 50) à 1 000 FCFA (soit 10 F ou 1 € 50), mais à condition de posséder un carnet délivré par le gouvernement. Ces carnets sont délivrés « au compte-gouttes »…
L’attente d’un traitement sera longue aussi tant que les grandes industries pharmaceutiques auront pour but leurs intérêts financiers plutôt que le bien de l’être humain.
L’orphelinat « Vie à la maison Saint-Augustin »
Actuellement, « Maman Rita », coiffeuse de son métier, accueille, dans sa case située à la sortie de l’hôpital, trente enfants de 1 an à 14 ans. Tous les enfants sont scolarisés (le taux d’alphabétisation dans le pays est de 30 %).
Nous avons eu l’occasion de visiter plusieurs dispensaires et centres de PMI (Protection maternelle et infantile) très éloignés de la ville, en pleine savane.
Les mamans et les malades parcourent quelquefois plus de 25 km à pied sous le soleil (35 °C lors de notre passage) pour se rendre aux consultations, qui se font parfois en plein air.
Nous avons aussi rencontré des agriculteurs qui nous ont fait part de leurs problèmes. Ainsi, chaque année, le prix des engrais et des pesticides augmente, le prix d’achat des céréales fixé par le gouvernement diminue. Les agriculteurs s’organisent donc pour lutter contre ces injustices. Ils veulent se prendre en charge et pouvoir vivre de leur travail avec les techniques adaptées de leur pays : actuellement, la culture attelée.
Dans ce pays, une prise de conscience émerge. Les Africains veulent combattre le cliché de l’« éternel assisté ». Ils cherchent à donner eux-mêmes une réponse à leurs problèmes.
Alors, soutenons-les dans leurs projets…
Voici une intention de prière écrite sur place au Togo, lors de notre séjour :
« Pour toutes ces mains d’adultes tenues dans les miennes,
Pour ces câlins d’enfants,
Pour ces yeux porteurs de lumière,
Pour toutes ces personnes rencontrées
Qui vivent dans l’extrême pauvreté,
Qui souffrent de malnutrition,
Et qui, pour la plupart, sont atteintes par la maladie du sida
Secoue-moi, Seigneur, afin que j’utilise mes forces à la construction d’un monde de justice
Car j’ai entendu le cri silencieux de leur détresse. »