Délégationde Drôme - Ardèche

Territoire Valentinois

Ce pays si petit dont on parle si peu

En route depuis décembre 2015, le collectif paroissial de Valence, HAVRE, ne parvenait toujours pas à faire aboutir l’accueil d’une famille irakienne. Il s’est donc tourné vers l’État (direction départementale de la cohésion sociale) pour exprimer sa disponibilité à accueillir une famille de réfugiés, sans abandonner pour autant la famille irakienne.

Ce pays si petit dont on parle si peu

C’est ainsi que le jeudi 11 mai 2017, Chantal, Martine et Marie-Thérèse sont allées accueillir en gare de Valence Frewini, Rodas et Mikal, une maman de 34 ans et ses deux filles de 14 et 8 ans.

« Frewini, Rodas, Mikal ». Les trois prénoms érythréens sont inscrits au marqueur sur une pancarte de bienvenue en gare de Valence TGV. Nos amies érythréennes ne parlent pas encore français. Elles parlent le tigrigna, une des trois langues officielles de l’Érythrée. À la gare, Frewini, Rodas et Mikal reconnaissent néanmoins leurs prénoms écrits en français sur la pancarte. Alors, elles rejoignent les femmes françaises qui les accueillent à leur descente du train. Moment très émouvant pour cette toute première rencontre sur le quai de la gare.

Après un exode inimaginable à travers la Libye et l’Italie, elles sont arrivées d’abord à Nantes puis à Valence. Elles sont réfugiées politiques.

À leur arrivée dans leur appartement valentinois, c’est Marie-Jacqueline, Jane, Geneviève, Hafida, Mana et Anne qui les attendaient avec de magnifiques petits-suisses maison pour le goûter.

Accompagner avec justesse

L’Érythrée est au 186e rang sur 188 dans le classement des pays selon l’indice de développement humain (IDH 2014) [1]. La France, elle, est au 22e rang. Et pourtant nous habitons la même planète ! Pas au même endroit. Avec des régimes politiques bien différents.

Il nous faut avoir bien présent à l’esprit cet écart considérable de mode de vie et d’histoire pour accompagner avec justesse et humanité cette mère et ses deux filles. Nous aimerions en être capables. Nous ferons tout pour y parvenir : leur permettre de passer d’un projet de survie à un projet de vie, autant que possible.

Alors, en ce mois de mai 2017, à Valence, le collectif HAVRE est passé subitement d’une vie rythmée par des réunions à une vie rythmée tout simplement par la vie de Frewini, Rodas et Mikal.

Le beau partenariat avec le Secours Catholique et Habitat et Humanisme a trouvé son aboutissement : une mère et ses deux filles à accompagner désormais au quotidien.

Les différentes équipes constituées depuis un an et demi se mettent à s’activer sans répit : appels téléphoniques, mails, visites, rendez-vous, déplacements en bus ou à pied. Il y a l’école et ses inscriptions, les cours de langue française pour adultes à la maison des solidarités Nelson-Mandela, le médecin, le contrat d’intégration républicaine (CIR) à organiser avec les différents partenaires. Et, au milieu de tout cela, la nécessité de respecter l’intimité de celles qui ont tout quitté pour survivre.

La quarantaine de personnes mobilisées jusqu’à ce jour, les généreux donateurs, tout le monde a sa place dans ce projet.

En septembre 2015, l’engagement du pape exhortait chaque paroisse du monde à accueillir une famille de réfugiés. Merci à tous d’avoir rendu concret notre désir de répondre à cet appel.

L’aventure ne fait que commencer. Peut-être serez-vous désireux de rencontrer Frewini et ses filles Rodas et Mikal ? Nous y pensons. Laissons-leur le temps de trouver de nouveaux repères. Nous vous tiendrons informés.

Pour le collectif HAVRE, Patrice Grève

[1] Rapport sur le développement humain 2015, publié par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).

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